Association de jeunesse et d’éducation populaire, gérée et animée par des jeunes

Accueil > Agriculture > Rencontre de Paysans de la ZAD

Article publié le 20/10/2016


Le 09/10/2016

à notre dame des landes, National
France

Rencontre de Paysans de la ZAD

La CASA (commission agricole nationale) a rencontré des paysans de Notre Dame des Landes le 9 octobre 2016, article de Anne-Hélène, administratice national

En ce week-end de mobilisation à la ZAD* « que résonnent les chants de nos bâtons », j\'ai eu l\'occasion avec la commission agricole du MRJC de prendre le temps de la rencontre avec deux paysans installés sur la ZAD. Nous avons abordé de manière concrète, sous l\'angle de l\'agriculture, ce qu\'il y a à défendre ici, de l\'idée au projet tout en préparant la suite ! Car « oui le projet d\'aéroport n\'aura pas lieu » nous a assuré l\'un d\'eux. Notre idée était de comprendre comment fonctionnaient les choses ici. Qui fait quoi ? Qui décident de quoi ? Avec qui ? Et comment ? …

 Tout d\'abord, petit point technique sur les terres, car pour s\'installer, il faut bien des terres !

Aujourd\'hui, les terres appartiennent à l\'Etat qu\'il a mis en « location » à Vinci (pour se faire une idée sur ce fait, je vous propose de regarder la vidéo sur ce lien : http://osonscauser.com/largument-ultime-dame-landes/).

Pour ce faire, les personnes habitantes de ce bocage ont été :

  • indemnisées et ont quitté les lieux

  • indemnisées et sont restées, c\'est-à-dire qu\'ils continuent à exploiter les terres rétrocédées par Vinci dans l\'attente du début des travaux, vivre de leur production, tout en ayant obtenu des terres hors de la ZAD et en percevant les aides de la PAC pour l\'ensemble

  • en procédure d\'expropriation et ont cédé : l\'argent de l\'indemnité étant gardé à la Caisse des dépôts, il peut être récupéré à tout moment

  • ou en procédure d\'expropriation jusqu\'au bout, c\'est-à-dire qu\'ils exploitent encore leurs terres sans toucher d\'indemnités.

 Pour autant, les zadistes qui réclament ces terres, les occupent et s\'installent depuis 2011.

« Aujourd\'hui, c\'est le western ici. »

A ceux qui ont lutté, qui ont enclenché de longues démarches d\'expropriation, qui n\'ont pas accepté les indemnités et qui sont restés sur leurs terres, on leur accorde la légitimité d\'exploiter les terres.

A ceux qui ont « collaboré », ils ne sont plus légitimes et n\'ont pas leur mot à dire si leurs terres sont occupées et exploitées par les zadistes, ces derniers sont prioritaires.

 C\'est ainsi que le collectif « Sème ta ZAD » s\'est créé pour cultiver des parcelles. Ils gèrent ensemble les rotations, achètent les semences et organisent des chantiers collectifs. Ils ont également créé la CURCUMA, la coopérative d\'usure, de réparation, de casse et d\'utilisation du matériel agricole. Véritable « espace-test » pour des personnes venues de tout milieu, les parcelles maraichères et vivrières côtoient les zones d\'élevage. Sont produits des céréales, de la farine, du pain, du lait, des œufs, des légumes, des plantes aromatiques médicinales, du foin... Le tout se retrouve sur le « non-marché » du vendredi au carrefour de La Saulce affirmant leur retrait des logiques capitalistes, ainsi que dans bien d\'autres lieux de résistance, notamment à Calais.

Au-delà de ça, cette co-habitation de deux modèles d\'occupation : le « vivrier » et les « projets agricoles », autrement dit entre les installations non-déclarées et celles qui sont déclarées (ayant reçu l\'autorisation d\'exploiter de la Chambre d\'agriculture), amènent bien des discussions, parfois des tensions. Certains affirmant que les surfaces vivrières ne sont pas suffisantes pour un ancrage sur le territoire. Il faut préparer la suite car pour certains, c\'est un projet de vie que de s\'installer sur la ZAD. Et bien qu\'il faille faire preuve de confiance, telle l\'épée de Damoclès, le projet d\'aéroport entraînent des difficultés à se projeter parfois.

 

Entre les habitants, bien des dicussions portent sur l\'avenir de la ZAD, et notamment sur l\'avenir des terres. « A la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, l\'agriculture prolonge le combat contre « l\'aéroport et son monde », elle enracine l\'occupation. », comme l\'écrit Lucile Leclair et Gaspard d\'Allens dans leur livre les Néo-Paysans. Il y a une réelle volonté de vouloir faire autre chose, d\'imaginer la suite après l\'abandon du projet d\'aéroport. Il faut préparer l\'avenir pour révolutionner le monde ! Et pourquoi pas un « monde des communs » ?! A suivre donc...

 

Anne-Hélène

 

* ZAD Zone d\'aménagement différé devenue la Zone à défendre – Zone de 1650 hectares.

 

Action régionale

Agriculture

Avec nos partenaires

Avec notre réseau

Chantier

Débat

Démocratie

Développement durable

Dons

Ecologie

Economie

Economie sociale et solidaire

Education

Éducation populaire

Emploi

Foi et laïcité

Formation

Interculturel

International

Manifestation

Mobilité

Monde rural

National

Politique

Projet local

Séjour

23:25:41